La pétanque

Le “jo à pèd-tanca” ( le jeu à pieds plantés) est une pratique emblématique de ma Provence natale. L’ambiance y est très particulière. C’est un jeu de boules, boules en acier mais pas seulement. Sur le terrain de boule de ma petite ville les gens se réunissaient tous les week-ends ou presque. L’ambiance est la suivante : sur un grand espace sablé, limité par des grilles en fer, des pylônes en bois couchés au sol, des fils en corde et 4 maigres arbrisseaux qui deviendront grands (mais pour l’instant c’est plutôt toi qui est chargé de les protéger du soleil), les boulistes se rassemblent. Les réjouissances commencent tôt, on inscrit les équipes, établit les poules et c’est parti! C’est donc en plein cagnard que tout ce petit monde s’affronte.

Le but est d’approcher le plus près possible un maximum de ses boules d’une autre petite boule (baptisée cochonnet) située à plusieurs mètres. Toutes les boules plus proches que celles de l’équipe adverse rapportent 1 point. La première équipe à marquer 13 points l’emporte, mais je ne vous apprends rien.

“C’est physique les boules ” est sûrement la phrase que les pratiquants s’évertuent le plus à vous répéter quand vous n’y connaissez rien.

Me voilà donc au milieu de tous ces hommes (ce jour là, il n’y avait qu’une joueuse, et peut être 5 spectatrices) qui font tourner leurs boules entre leurs mains tout en travaillant leur physique et leur bronzage. Vous comprendrez comme moi en lisant ces lignes que mon avis n’est absolument pas neutre ( voire même un peu cynique), que ce sport et cet univers ne sont pas les miens.

MAIS aussi et surtout que ce sport est loin d’être seulement ce que je décris.

Il est une ambiance accessible dans peu d’autres sports. Ouvert à tous, il nécessite la balance du yogi, la précision du tireur à l’arc, l’endurance du marathonien pour affronter ces journées d’efforts, la grâce du danseur car tout le monde jugera la perfection du geste, la réflexion du joueur d’échec pour réaliser LE choix “tirer ou pointer, telle est la question” et enfin la répartie du sud pour assumer son choix. Ce sport où l’ancien qui a perdu son binôme d’antan s’associe à un jeunot qui n’a pas encore trouvé le sien à qui il confiera l’avenir de ses boules.

C’est aussi le seul sport que vous pourrez pratiquer sous les pins une fin d’après midi, sur le chemin de la maison pas tout à fait plat, dans la bonne odeur anisée des fins de journée du sud. Ce sport qui se marie à la culture d’une région. Ce travail mérite d’être poursuivie car il n’y a pas dans ces quelques clichés la moitié de ce que je décris. C’est donc avec application et bienveillance que je m’évertuerai à capturer tout ce que représente la pratique de ce sport où l’on reste les pieds tanqués.

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